L'IA dans les outils de traduction médicale
Juin 2026
Retour sur notre session d'inspiration : les outils de traduction basés sur l'IA dans les soins de santé – opportunités, points d'attention et facteurs clés de réussite
À l'occasion de notre session d'inspiration consacrée aux outils de traduction assistés par l'intelligence artificielle dans les soins de santé, nous avons eu le plaisir d'accueillir une trentaine de participants issus d'hôpitaux, de maisons médicales et de cabinets de médecine générale. La forte participation et la richesse des échanges ont confirmé l'intérêt croissant du secteur pour cette thématique.
Si certains participants avaient déjà une première expérience des outils de traduction basés sur l'IA, beaucoup s'interrogeaient encore sur leur fiabilité, le respect de la vie privée, la protection des données, leur précision, ainsi que sur les risques d'hallucinations ou d'interprétations erronées générées par l'IA.
La Prof. Dr Ellen Van Praet (UGent), le Dr Pablo Decock et Fien De Wiest (HOGENT), chercheurs et responsables du réseau MATCHeN – Multilingual Access To Care & Health Expertise Network, ont présenté un aperçu clair et nuancé de l'état actuel de ces technologies. S'appuyant sur leurs recherches, ils ont analysé les possibilités et les limites des différents outils de traduction par IA actuellement disponibles dans le secteur des soins de santé.
L'un des principaux enseignements de la soirée est que les outils de traduction par IA spécifiquement entraînés pour le domaine médical offrent une réelle valeur ajoutée par rapport aux systèmes de traduction génériques tels que Google Translate ou les applications d'IA générative à usage général. Grâce à leur spécialisation en terminologie médicale et en contexte clinique, ils produisent généralement des traductions plus fiables et plus précises.
Les intervenants ont toutefois souligné que ces outils spécialisés ne sont pas exempts de risques. La qualité d'une traduction dépend en effet largement du contexte fourni à l'outil ainsi que de la manière dont il est utilisé par le professionnel de santé.
La session a également mis en évidence que la réussite de l'implémentation de ces technologies ne repose pas uniquement sur le choix de l'application la plus performante. Il est tout aussi essentiel d'investir dans le développement des compétences numériques des professionnels de santé, afin qu'ils puissent comprendre les possibilités et les limites de ces outils et en évaluer les résultats de manière critique.
Quel est aujourd'hui le « meilleur » outil de traduction par IA ? La réponse s'est révélée nuancée : il n'existe pas de solution universelle. Le choix de l'outil le plus adapté dépend du contexte de soins, des combinaisons linguistiques les plus fréquentes et des fonctionnalités recherchées par l'organisation, telles que la rapidité, la possibilité de comparer plusieurs traductions ou encore la fonction de rétrotraduction permettant de vérifier si le message a été correctement transmis.
Le principal message de la soirée est que les outils de traduction par IA constituent un soutien précieux pour la communication multilingue dans les soins de santé, sans pour autant remplacer le jugement clinique ni la responsabilité du professionnel de santé. Vérifier activement que le patient a bien compris les informations — par exemple en lui demandant de reformuler le message avec ses propres mots — demeure une condition essentielle pour garantir des soins sûrs, de qualité et centrés sur le patient.
Cette session d'inspiration a démontré que les technologies de traduction assistée par l'IA peuvent contribuer de manière significative à rendre les soins de santé plus accessibles à une population de plus en plus diversifiée, à condition qu'elles soient mises en œuvre de manière réfléchie et accompagnées d'une formation adéquate, d'un regard critique permanent et d'une attention constante portée à la relation humaine.
Le 2 avril 2026, THE INSTITUTE a organisé une session d’inspiration consacrée à l’intelligence artificielle dans les soins de santé. Un constat s’est imposé tout au long de la rencontre : la maturité et l’impact des applications d’IA ont considérablement progressé en très peu de temps.
À travers des démonstrations concrètes de Bingli, Mindoo, Cavell, Squire et Tiro.health, il est apparu clairement que l’IA apporte déjà aujourd’hui une réelle valeur ajoutée dans la pratique quotidienne des soins. Tout indique que, dans les prochains mois, son rôle évoluera encore davantage, passant d’un simple soutien opérationnel à celui d’un véritable assistant des professionnels de santé.
L’un des enseignements les plus marquants est venu directement des médecins eux-mêmes : l’IA peut redonner du plaisir aux consultations. Non pas parce qu’elle remplace le professionnel de santé, mais parce qu’elle peut alléger une part importante de la charge administrative.
Les applications liées à l’anamnèse et au triage ont été identifiées comme particulièrement prometteuses. Il est également apparu que le modèle économique est actuellement plus facile à construire aux États-Unis qu’en Belgique, notamment parce qu’une augmentation de la capacité de triage peut y générer plus directement des revenus supplémentaires. Une chose est cependant certaine : l’IA évolue progressivement vers un véritable assistant personnel des professionnels de santé.
L’adoption de l’IA connaît également une accélération remarquable. Aux États-Unis, le secteur des soins de santé est aujourd’hui celui qui affiche le taux d’adoption de l’IA le plus élevé. Cette évolution est portée en grande partie par des applications dont le retour sur investissement est clairement démontré, comme le soutien administratif et la facturation médicale.
Les hallucinations de l’IA restent naturellement un point d’attention. Toutefois, la session a également montré que leur impact peut être fortement réduit grâce à des mécanismes de validation, des boucles de rétroaction et l’utilisation de modèles et de procédures bien structurés.
Un autre défi majeur est également apparu : les médecins et les autres professionnels de santé attendent de l’IA qu’elle puisse expliquer ses recommandations, alors que les modèles d’IA actuels ne sont souvent pas totalement explicables. Ce manque de transparence peut rendre plus difficile la confiance des professionnels envers les propositions formulées par l’IA.
Aujourd’hui, les principaux freins à une adoption à grande échelle ne résident plus tant dans la technologie elle-même que dans son environnement : le coût pour les hôpitaux, la complexité de l’intégration dans les dossiers patients électroniques (DPI), la concurrence avec d’autres priorités informatiques, les silos entre disciplines, ainsi que la nécessité de démontrer une valeur ajoutée claire pour les médecins, les hôpitaux et les patients.
Pour THE INSTITUTE, cette session confirme que l’intégration de l’IA dans les soins nécessitera davantage de sensibilisation, une implication plus large du corps médical, une collaboration renforcée entre médecins et hôpitaux, ainsi qu’un discours plus clair sur son impact en matière de qualité des soins et de création de valeur.
Peut-être devrions-nous d’ailleurs moins parler de gains d’efficacité et davantage de ce que l’IA permet réellement : consacrer plus de temps à la relation avec le patient.
Nous remercions chaleureusement tous les intervenants et les participants pour leurs échanges ouverts, leurs réflexions enrichissantes et leur enthousiasme.
L’avenir de l’intelligence artificielle dans les soins de santé ne dépendra pas uniquement de la technologie, mais surtout de la manière dont nous choisirons de l’utiliser ensemble pour rendre les soins plus humains, de meilleure qualité et plus durables.
L'assistant de santé qui réfléchit avec le prestataire de soins : il demande et enregistre les données de base avant l'arrivée du patient.
Anamnèse médicale intelligente, guidée par l'IA, et navigation dans les soins pour les patients et les prestataires de soins.
Documentation médicale intelligente qui transforme les tâches administratives fastidieuses en données structurées et précieuses.
Écoute la consultation et résume la conversation à l'aide de l'IA. Il génère également des lettres de consultation complètes, des lettres d'hospitalisation, des lettres de référence, des certificats, etc. sur la base d'une citation concise.
Squire accompagne les médecins et les infirmiers tout au long du processus de consultation : il permet de gagner du temps en discutant au préalable avec le patient, génère une documentation médicale dans le style et le langage du professionnel de santé en écoutant la conversation, et permet de dicter les conclusions afin de remplir rapidement les documents ou les champs du DPI.





